EPREUVE DE FRANCAIS, BREVET BLANC
LE RALLYE AICHA DES GAZELLES
L'INTELLIGENCE, C'EST COMME LA BEAUTE, CA NE SERT A RIEN... SI ON NE SAIT PAS S'EN SERVIR !
OLIVIER DELACROIX : Documentaire sur...
LETTRE A MA MERE
ELOGE DE LA LAIDEUR
HISTOIRE D'ETIQUETTE
SENIORS LADIES
LETTRE A ANGE
EPREUVE DE FRANCAIS, BREVET BLANC - 30 avril 2010
Ecrivez un texte à partir de cette phrase « … nous marchions dans les rues de… » en insistant sur les sentiments.
Nous marchions dans les rues de Metz… Je me souviens, nous marchions côte côte, nous parlions de je ne sais plus quoi, mais je m’en moquais, j’étais amoureux. Elle était brune, ses cheveux étaient frisés à la perfection. Ses yeux étaient si vert qu’on croyait presque qu’ils étaient jaune, et puis il y avait son sourire… et quel sourire, le plus beau sourire du monde. J’étais amoureux.
Je l’observais, nous marchions dans cette rue où nous allions tout le temps après les cours et où l’on mangeait nos gaufres. Et d’un geste qui me fascine encore, elle essuyait ses doigts avec dextérité. J’étais amoureux. Nous marchions dans cette allée splendide fleurie de mille et mille fleurs et elle, si jolie se confondait parfaitement avec le paysage. J’étais amoureux. Nous marchions encore, elle parlait toujours, de ne je ne sais plus quoi et je l’observais jusqu’au moment où nous arrivions au bout de l’allée qui donnait sur le parc.
Le soleil brillait tellement qu’elle était illuminée dans sa robe à fleur comme si le soleil cherchait son dernier rayon de soleil qui se situait juste à côté de moi : J’étais amoureux. Et puis, le moment crucial arrivait, le moment où nous arrivions devant ma maison. Nous nous regardions et nous nous disions « à demain » !
Puis les jours passèrent ainsi de suite. J’étais amoureux et je regrette encore de ne pas le lui avoir dit avant car, à nos 18 ans, elle partit à Toulouse… et je lui dit « je t’aime »… « trop tard » me répondit-elle.
Maintenant nous avons 20 ans, elle vit à Paris avec un scientifique et je suis toujours amoureux !
Sylvain (14 ans) - Sylvain a eu 13,5/15 à cette épreuve de français
![]() | Cette année, l'Agence Relookémoi.com a décidé de soutenir l'équipage 139 qui a participé au Rallye des Gazelles 2010. Parce que ce Rallye est une aventure internationale, que les équipages sont exclusivement féminins, et qu'il ne s'agit pas là de vitesse mais d'une navigation à "l'ancienne" où chacune doit se dépasser et va se trouver confronter à elle-même loin de son quotidien de femme ! Une aventure hors normes ! Virginie Gautier |
L'INTELLIGENCE, C'EST COMME LA BEAUTE, CA NE SERT A RIEN... SI ON NE
SAIT PAS S'EN SERVIR ! - 21 janvier 2010
Lettre à Valérie,
Tant que l’on suit ces personnes et que l’on est plutôt dans le registre de l’admiration, de la reconnaissance des connaissances (quelles soient sportives, culturelles ou autres) les choses se passent bien. Le problème est lorsque l’on commence à comprendre que cette seule « compétence » ne suffit pas ou plus. Quand notre regard change et se fait moins protecteur, celui qui, comme un petit enfant se sentait protégé, se sent soudain blessé au mieux, détruit au pire.
Le regard aimant que nous leur avons porté change parce que nous n’avions pas mesuré les vides existants, les manques, et nous sommes confrontées aux exigences de la vie, à un « bête » quotidien dans lequel nous voudrions les attirer afin d’être soutenue, un peu… Alors face à un rappel aussi basique, la réaction est souvent un « désistement ». Il n’y a plus d’abonné. Tous des cons, j’ai bien le droit de faire mon sport… sont des leitmotiv récurrents qui nous laissent pantoises et seules.
Au début on n’y prête pas attention. Et plus la vie nous sollicite dans ce qu’elle a de banale plus nous avons besoin de l’autre, celui que nous aimons, et plus ils s’éloigne, meurtrit. Il avait pourtant l’impression d’avoir rempli son contrat, il croyait que posséder l’autre, celle qui l’admirait suffirait à sa vie… mais que nenni… il s’habitue à notre présence, la séduction a laissé place à l’habitude et il ne lui viendrait pas à l’idée de conserver cette flamme… Mais s’agit-il vraiment de séduction ? Nous avons été séduite et eux sont séduits par notre plaisir à être en leur compagnie… ils diraient qu’ils n’ont rien fait pour ça ! C’est nous qui sommes venues, ils n’avaient rien demandé ! La perception de ce qu’ils sont est « presque » limitée à leur enveloppe corporelle et ou psychique… Ils ne sont dans l’ensemble par responsables de ce qu’ils font (en tout cas c’est ce qu’ils disent… jamais coupable, jamais responsable !).
Il est leur donc plus simple de « séduire » ailleurs… pour vivre ! Cette fuite en avant n’a qu’un seul but, réaliser qu’ils existent.
Un nouveau regard, de nouvelles promesses, une admiration, un éblouissement… oui mais demain ?
Ces hommes la ne sont pas heureux. Ils peuvent malheureusement embarquer dans leur autodestruction car il s’agit bien de cela, des femmes qui, à un moment de leur vie, croit en eux. Ils vont déployer leur énergie à montrer leur savoir faire (que cela soit du domaine de l’intellect pur ou du sport par exemple) et nous allons les trouver beaux !
Qu’est-ce qui peut bien nous attirer vers ces hommes la ? Je ne sais pas. Cela m’est arrivé aussi et je crois que je n’ai pas envie de trouver d’explication à cette histoire d’amour. Elle a été ce qu’elle a été. Elle n’est plus ! Et avec le recul je me dis que j’ai finalement sauvé ma peau. Lui, il continue et répète inlassablement la même histoire avec chaque femme qu’il rencontre et cela se termine à chaque fois de la même manière. Pour lui c’est tout simplement triste, pour moi c’est une histoire terminée.
Quand il y a un enfant, la relation de ces hommes avec leur progéniture est tout aussi étrange que la relation qu’ils avaient avec nous. Tant qu’il est petit, ils pensent qu’un enfant ça ne s’élève pas, ça pousse tout seul ! Ils refusent la confrontation (l’expression d’une autorité) sauf dans leur domaine de prédilection (intellect ou sportif par exemple)… L’un a peur que son fils devienne "un sombre crétin", l’autre que son fils "devienne un PD" ! Leurs enfants ne sont que la continuité d’eux même et ils voudraient leur faire passer « de force » savoir et muscles…
Et nous, pauvres terriennes, bêtement terre à terre, nous faisons appel à notre intelligence, celle du cœur (on parle aussi d’intelligence émotionnelle) pour réagir et nous tirons le signal d’alarme. Réfléchir à cette histoire, tenter de ne pas tout détruire (car, honnêtement, nous les avons bien aimé à un moment), et surtout se reconstruire en sachant ce que l’on ne veut plus, ce que l’on ne veut pas, et bien sur ce que l’on veut !
Bâtir des moments à deux, pourquoi pas ? Avec un homme intelligent ? Pourquoi pas, tant que son intelligence ne s’arrête pas à une accumulation de connaissance ou de muscles supplémentaires et que son intelligence peut se traduire avec des mots, des attentions, des gestes, un regard, une lumière dans les yeux, du désir…
Et cela n’est possible que lorsque nous sommes « grandes », quand nous avons grandit, quand nous sommes capables de savoir dire distinctement les choses, avec tendresse, avec passion. Tranquillement. Quand nous n’avons plus peur de la solitude et que nous avons compris combien vivre à deux est difficile mais tellement riche. Quand notre intelligence nous a fait comprendre que la séduction n’est pas un moment mais que cela se cultive toute la vie, quand nous avons une bonne perception de nous même et que nous savons regarder l’autre avec amour tout le temps et qu’alors comme une évidence nous comprenons que chaque minute est une richesse…
Alors oui, nous sommes intelligentes, très intelligentes et dans la perception que nous avons de nous même, nous sommes capables de faire quelque chose de cette intelligence, bien au-delà d’une errance triste de condamné à croire les autres idiots, simplets ou tout simplement méchants !
L’intelligence ne sert à rien si on ne sait pas s’en servir !
A quoi ça
sert de tout connaître dans un seul domaine alors qu’il y a tant de choses à
connaître, à savoir, à partager. La connaissance n’a d’intérêt que si elle se
partage.
Accumuler du savoir pour accumuler du savoir n’a jamais fait avancer la terre
ni personne d’ailleurs… Elle est plutôt l’expression d’un enfermement.
Etre intelligent c’est savoir reconnaître ses incompétences, son ignorance, c’est avoir envie d’apprendre d’autre chose des autres et par les autres. Etre intelligent c’est savoir se servir de son potentiel « intelligence » de manière astucieuse, au bon moment. Etre intelligent c’est savoir ne rien faire, écouter le chant du merle au petit matin, regarder le soleil se coucher et teinter le ciel de rose et se dire en permanence qu’on a, déjà, la chance de savoir apprécier tout cela et que, Kant, Freud, Alain, Einstein ne font pas tout…
Voila, est venu le temps de la reconstruction et l’on a tout à gagner à s’occuper de soi (et de nos enfants). S’occuper de soi c’est comprendre ce que l’on fait et non tenter de comprendre comment est l’autre et comment on en est arrivé là ! On perd beaucoup de temps à se poser des questions auxquelles nous n’avons pas de réponses et dépenser son énergie à savoir comment l’Autre va vivre avec celui que nous avons aimé n’a aucun intérêt. Imaginer ce qu’elle pourra ressentir en vivant au côté de cet homme que nous connaissons n’a aucun intérêt… Supputer une éventuelle rupture n’a aucun intérêt. Notre intérêt est de nous préserver, de savoir où est notre propre intérêt.
Tu le sais, j'ai la chance d’avoir rencontré un homme intelligent, brillant même et ce qui m’a séduit chez lui ce n’est pas que son intelligence, c’est la générosité avec laquelle il partage son savoir et le regard humain, plein de chaleur qu’il porte à tous ceux qu’il rencontre, sans jugement, sans à priori. Sa droiture et son honnêteté complète le personnage et tout ça le rend beau à mes yeux. Je sais que j’ai de la chance mais je pense au fond de moi que si je n’avais pas vécu « mes vies » d’avant je n’aurai jamais été prête à le « recevoir » et que, parce que j’ai grandi, je peux vivre avec lui. Nous pouvons vivre ensemble.
Virginie
OLIVIER DELACROIX : documentaire sur... octobre 2009
Chère
Virginie,
Bien que prudente, je tenais à regarder le documentaire d’Olivier Delacroix…
Rien d’original, beaucoup de banalité ou plutôt devrais-je dire de
« banalisé ». Terrible comme les choses sont vendues comme « si
simple ». Anne Gaëlle nous explique sur un pont de Toulouse comment on
devient une femme… en retournant la peau des testicules et du pénis… pas de
musique douce… rien… Alors il suffirait d’un retournement pour que tout
baigne !
Et puis tout à coup ; un miroir… TON miroir ! J’en suis certaine. Tu
aurais donc participé à cette émission ? On ne t’entend pas, on ne te voit
pas… Et pourtant quand on sait le travail que tu fais avec nous, comment tu
nous guide, nous accompagne, nous ouvre à ce monde féminin que nous désirons et
qui va bien au-delà d’une modification de sexe… Ce miroir dans lequel j’ai
vu naître Manon. Ce miroir où je me suis découverte, où j’ai appris à
apprivoiser mon image de femme, où j’ai appris à m’aimer. Ces moments durant
lesquels tu m’as permis de comprendre ce qu’est une femme, où tu as décodé et
démêlé pour moi tous les signes, les gestes, les mots, la voix qui font de moi
la femme que je suis aujourd’hui. Ce miroir qui me révélait à moi même avec
ton regard complice. J’ai grandi, enfin, acceptant avec sérénité l’arrivée de
Manon.
Le documentaire d’Olivier Delacroix ne montre hélas rien de ce qu’est notre
calvaire pour n’être pas née dans le bon corps et malheureusement ne dit pas
les effets catastrophiques de nombreuses opérations. Tout semble
rose…
Qu’ai-je du faire pour être femme : suivre un protocole pendant 3 ans,
prendre des hormones dont les effets ne sont pas satisfaisants puisque j’ai
commencé très tard ma transformation mais qui ont modifié profondément mes
manières d’être, épiler au laser chaque poil en sachant que les blancs ne
partent pas… faire des implants capillaires car malheureusement j’étais bien
dégarnie, faire des implants mammaires car les hormones ne suffisaient pas à féminiser
ma silhouette, casser ma mâchoire volontaire et masculine, faire l’ablation de
ma pomme d’adam trop proéminente, suivre des cours chez la phoniatre pour
casser ma voix et puis il y a eu ce jour où je suis partie me faire opérer. Ce
jour où Manon est née ! Le bonheur d’être enfin telle que je devais
être et la sublimation de ce corps m’a fait supporter la douleur de
l’opération, la gymnastique quotidienne, contraignante et longue à faire pour
que ne ce referme pas mon nouveau sexe. La crainte que l’on ne m’ait fait un
vagin de 7 cm (comme en France) qui pourrait se déchirer à la première
pénétration… Et puis la bataille juridique où je me suis trouvée
confrontée à un juge qui estimait qu’une femme ne peut chausser du 45 et donc
que Robert était plus légitime que Manon… La recherche d’un nouveau travail… La
recherche de l’amour ! Et enfin, l’amour ! Et oui, depuis peu j’ai
rencontré un homme charmant Nous avons regardé ensemble le documentaire… je lui
ai parlé de toi, il aimerait te connaître, il sait le travail que j’ai fait
avec toi.
Tu vois, c’est incroyable je peux dire maintenant « je suis
amoureuse » ! Voila Virginie, si le documentaire d’Olivier
Delacroix semble plus être fait pour faire pleurer dans les chaumières et
laisse à penser qu’une opération suffit à nous changer, il m’a permis de
t’écrire ces quelques lignes pour te dire ma gratitude et mon bonheur
quotidien.
Manon
LETTRE A MA MERE - 16 septembre 2009
Il y avait dans la voix tant de dignité, tant d’incertitude et tant de peur que je ne pouvais répondre. Si le chemin parcouru a été long et dans l’ensemble semé d’instants de bonheur, la fin semblant proche donnait aux mots un sens d’une profondeur extrême… Mais que dire? Que dire à celle que l’on aime, à celle qui vous a donné sans que l’on s’en rende compte une force de vivre incroyable, la force de se battre d’aimer et d’être aimée en retour ?
Comment répondre à l’appel de la peur de partir quand vous ne souhaitez qu’une chose, que ce moment là n’arrive jamais ! Quels sont les mots à employer, à dire ? Il n’y a jamais de phrases justes. On aimerait que l’imparfait n’existe pas et que le présent soit obligatoire.
Conjuguer le temps et se souvenir des comptines chantées en cœur, des bras serrés quand la fièvre est là, des mots d’amour murmurés… Tu te souviens «répète après moi : Je… je… suis… suis… une… une… petite… petite… fille… fille… i...i... diote… ah, non pas ça ! » « Ah bon ! Alors répète après moi : je… ».
Et le rire qui revient submergeant comme une vague énorme la pièce, rebondissant sur chaque mur.
Mais l’heure est grave, la distance importante et mon incapacité à dire, inquiète celle qui m’aime. Comment la rassurer, les phrases sont dérisoires. L’impression que le temps s’en va et que c’est le moment de dire l’essentiel. La prendre dans mes bras et lui murmurer comme elle le faisait quand j’étais enfant qu’il ne faut pas avoir peur, que la vie est belle et qu’on ne sait jamais ce qu’elle nous réserve… La guérison dépend tellement d’elle et je la sens si fragile.
« Quand pourrais-je venir te voir ? » « Je ne sais pas ma chérie ».
L’incertitude. Tant pour elle que pour moi.
La dignité. Le droit à être malade, à vieillir, à souffrir sans s’étendre en lamentations inutiles. Sans avoir à supporter le regard des autres et lire dans leur regard la peur, la compassion, la tristesse. Lutter. Seule.
« Je serais seule ». Elle a raison, quand ceux que vous aimez au plus proche possible de vous ne seront là quand la porte de la chambre se refermera. Et ce moment là est plus redouté que tous ceux à venir. Seule. Et cette solitude est terrible. A en pleurer.
Ce n’est pas le rire qui m’envahit aujourd’hui mais une tristesse énorme, ma propre peur à savoir que je ne peux rien face à sa solitude et que quelque soit ma force, mon énergie, elle sera seule à lutter. Dévorée par cette impuissance je n’ai su trouver les mots pour lui dire combien je l’aime ! Combien je suis soudain une petite fille et combien elle est la mère ! Amère constat, au moment où les mots essentiels devraient être dit je ne peux même pas les articuler « Tu comprends ce que je dis ma chérie ? » « Oui maman ! »
Je ne comprends que trop bien !
Virginie Gautier
ELOGE DE LA LAIDEUR - 3 août 2009
Arte, 12 mai 2009. Deux documentaire sont présentés. Le premier "Eloge de la laideur" d'Isabelle Cottenceau raconte une histoire de ce que serait la laideur, l'opposition entre le beau et le laid, la fascination, l'attirance et le rejet de la différence... Le second "je suis moche et j'emballe" de Cyril De Turckheim montre six personnes face à la difficulté à être, à séduire et leur stratégie élaborée depuis l'enfance pour exister, voir "vivre" !
Voila une émission originale et bien construite. Il n'y avait ni réponse, ni solution, juste une tentative pour comprendre ce qui ferait que l'on est beau ou laid. Sur quoi cela s'appuie-t-il ?
Eloge de la laideur montre en un déroulé de la vie in utero jusqu'à la mort, le corps dans tous ses états. En regardant ce film il était finalement impossible de dissocier le beau et le laid tans la laideur est la caractéristique opposée au beau dans son jugement moral et dans ce cas se trouve opposé au bien.
Le laid dérange, il nous outrage "comme peut-on être aussi laid ?" Au sens esthétique le laid s'oppose donc au beau, il serait donc son contraire, son négatif et parfois son faire-valoir...
Les philosophes grecs associaient la beauté intérieure et la beauté extérieure et dans l'inconscient collectif cela est toujours une "réalité". Si on ne prête qu'aux riches on attribue bien des qualités aux beaux y compris l'intelligence... Donc le laid va devoir prouver qu'il est intelligent tandis que le beau n'aura rien à faire...
L'un de mes amis me disait "tu n'imagines pas comme c'est dur d'être beau..." et devant mon étonnement ajoutait "je n'ai rien à faire !". Il souffrait en fait de ne pas avoir à prouver son intelligence, il souffrait de n'être aimé que parce qu'il était beau !
Dans notre société de consommation qui expose le corps dans tout ce qu'il peut avoir "d'irréprochable" il y a là une manne financière immense et sans fin dans laquelle certains plongent dans la recherche d'un idéal parfois impossible... Nous mélangeons le corps "produit de consommation" avec notre image et le laid paye un lourd tribu...
Déjà tout petit on lui racontait des histoires... il y avait des princesses et des princes et des "pas beaux" généralement méchants, vils , retords, solitaires... et ils tombaient amoureux de la plus belle... mais en l'embrassant ils devenaient de beaux princes perdant alors leur laideur et tous les attributs qui y étaient attachés... comme s'ils ne pouvaient être aimés pour ce qu'ils étaient... Mais le réveil est difficile, le lendemain dans la glace l'image n'a pas bougé : laid il est, laid il restera... et si le regard de ses parents ne le rassure pas d'un regard aimant et constructif (parce que la beauté ne se résume pas à une apparence), il va souffrir. Longtemps. beaucoup...
Elle descend du train avec son fiancé. C'est l'heure des présentations. Sa mère est venue les chercher. Elle installe sa fille à l'arrière de la voiture et son futur gendre à ses côtés. Elle est troublée par la beauté de cet homme et plutôt séduite, alors elle se lâche et lui tapant sur la cuisse dit "notre fille est tellement laide qu'on se disait avec mon mari qu'elle ne trouverait jamais un homme pour l'épouser !"
La phrase était courte mais contenait en elle la déception de cette mère d'avoir eu une fille qui ne correspondait pas à ses aspirations de beauté, elle balayait en quelques mots cinglants ce qu'était sa fille (intelligente, drôle, autonome, aimante...) et disait dans le même temps à son gendre qu'elle était la seule femme séduisante dans l'espace présent mettant ainsi sa rivale à terre !
Alors la "laide" va développer pour ne pas dire sur-développer son intelligence, son humour ravageur, sa voix, étouffant à son tour de par la connaissance qu'elle avait d'elle-même tous ceux et toutes celles qui, beaux ou laids, ne faisaient pas le poids... Rien ne pouvait lui résister. Rien ne devait lui résister. Les mécanismes de vie étaient ainsi construits. A cette construction s'est ajoutée la certitude que son mari la trouvait belle puis le regard aimant de ses enfants qu'elle regardait à son tour avec tant d'amour, les faisant grandir en leur murmurant "que vous êtes beaux !". Son "beau" touchant autant à l'esthétique qu'à la construction de la personnalité de chacun de ses enfants, leur transmettant ainsi la capacité à séduire.
Les phrases assassines du genre ""si la mort ne l'embellie pas le bon Dieu fera un triste héritage", "il est laid comme un pou, un singe, un crapaud...", "Dieu qu'elle est laide... " (on en appel souvent à Dieu lorsqu'il s'agit d'un laid comme si le laid était une erreur de la nature), "comment fait-il pour se tirer une gonzesse aussi canon..."... font parties du quotidien du laid.
Une amie de retour des USA me disait combien elle avait été choquée par les couples qu'elle avait croisé "tu vois des obèses avec de superbes nanas et inversement d'ailleurs...". Parce que c'est vrai ça, les beaux avec les beaux et les laids avec les laids... que chacun reste à sa place. Incroyable non ?
Qu'est-ce que le beau ? Et le beau l'est-il vraiment ?
Le beau est communément défini comme la caractéristique d'une chose qui, au travers d'une expérience sensorielle (perception), procure une sensation de plaisir ou un sentiment de satisfaction ; en ce sens, la beauté provient par exemple de manifestations telles que la forme, l'aspect visuel, le mouvement, le son.
Le beau correspond à un stéréotype, à des clichés qui voudraient que chacun soit en bonne santé, bronzé, ait bonne mine et soi plutôt grand(e), mince, musclé(e)... et si possible blond(e) aux yeux clairs... Le beau n'a alors qu'un "type" : le laid lui, en a plusieurs et s'harmonise avec notre univers. La diversité des laids les rendent beaux parce que unique, donc différents !
J'ai un prof de fac qui était "laid"... mais tellement beau ! sa voix chaude, son intelligence, son charisme, son charme envoûtait chacun de nous et nous étions prêts(es) à mordre celui qui oserait dire de lui qu'il était laid tant nous le trouvions beau. Au regard de ce prof, les beaux nous paraissaient d'une fadeur extrême, insipides, insignifiants. Il est vrai que l'on se lasse de la beauté, elle ennuie, tandis que la laideur intrigue, suggère, intéresse, déroute et ne laisse jamais indifférent...
La beauté peut amender à la médiocrité car elle correspond à une norme tandis que la laideur est une exception. Du laid on dit qu'il a du charme, jamais d'un beau. Il est "juste" beau ! Et comme dirait un psychanalyste avec lequel je travaillais "oui, mais ça aide !"
Qu'est-ce qui me détermine en tant que beau ou laid si ce n'est le regard d'autrui. Dans le documentaire "l'éloge de la laideur" il est dit "dans le ventre de la mère on n'est ni beau ni laid, on EST tout simplement !". C'est donc de ma relation à l'autre, de mon rapport aux autres que va naître mon "identité" de beau ou de laid et c'est ce regard que je vais accepter ou refuser, ce regard qui n'est somme toute que l'appréciation de celui qui me regarde et qui véhicule des échelles de valeur auxquelles je n'ai pas obligation d'adhérer !
Baudelaire trouvait que le beau était bizarre, Nietzsche que la laideur était intéressante, Brel chantait qu'il voulait être beau et con à la fois, on appelait Gainsbourg "L'homme à la tête de chou", on parle du physique particulier d'Alice Sapritch et tout dernièrement du physique disgracieux de Susan Boyle...
Susan Boyle. Ce qui est incroyable c'est que justement on ait l'air de trouver qu'un physique disgracieux puisse avoir une telle voix... Elle sidère le public et le jury qui s'attendaient à une prestation équivalente à son physique... Alors ils sont émus, troublés, admiratifs et ne savent comment la remercier. Et tout le monde de croire que, soudain, le laid peut triompher ! Cent millions de personnes ont voulu voir si vraiment un" laideron" pouvait devenir une star. Mais l'honneur est sauf, ce sont des jeunes qui ont remporté la finale ! Mais que devient Susan Boyle? Et bien on n'a eu de cesse que de la relooker, de peaufiner son image. De la rendre "supportable". Ah ! On est soulagé ! La journaliste lui fait remarquer tous ces changements, Susan ne semble pas encore habituée à cette nouvelle image et bafouille sur sa nouvelle couleur de cheveux... Réussira-t-elle mieux relookée ? Changera-t-elle mieux relookée ? Ou tout simplement lui accorderons-nous une oreille plus attentive puisque relookée ???
Le beau comme le laid sont des concepts qui dépendent de notre culture, de notre économie, de notre religion, de notre éducation, des valeurs de chacun, et du regard que l'on se porte... Dans le deuxième documentaire j'ai été surprise d'entendre certains dire qu'ils étaient laids et heureuse de voir ce que certains faisaient de leur différence. Revendiquant leur différence comme une identité originale et ayant développé toute une personnalité particulièrement "piquante" autour de leur authenticité. Utilisant leur "laideur" comme une parade, un moyen d'attirer l'attention.
"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matin auto-accommodants, une haleine de mammouth. mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je usis plus lettrée que tous ces riches suffisants". Ainsi commence le film "le hérisson" tiré de l'excellent livre l'élégance du hérisson de Muriel Barbery.
Ainsi donc à la laideur comme à la beauté on associe souvent l'intelligence. "J'ai eu affaire à un gros con !", ou bien "elle est belle et en plus elle est intelligente !", ce qui, dans un cas comme dans l'autre, n'est pas flatteur !
Une fois encore Muriel Barbery traduit très bien cette pensée :..."Etre pauvre, laide et, de surcroît, intelligente, condamne, dans nos sociétés à des parcours sombres et désabusés auxquels il vaut mieux s'habituer de bonne heure. A la beauté, on pardonne tout, même la vulgarité. L'intelligence ne paraît plus une juste compensation des choses, comme un rééquilibrage que la nature offre aux moins favorisés de ses enfants, mais un jouet superfétatoire qui rehausse la valeur du joyau. La laideur, elle, est toujours déjà coupable et j'étais vouée à ce destin tragique avec d'autant plus de douleur que je n'étais point bête".
Jean-François Amadieur parle de tyrannie de la beauté. Le physique, l'apparence et le look sont des armes redoutables par les temps qui court. Et comme le dit Renée, on crédite les personnes les plus séduisantes de toutes les qualités y compris de l'intelligence...
L'inconscient collectif s'est construit sur l'idée que ce qui est beau dehors est forcément beau dedans, alimenté par les contes de fées, par le cinéma, par la télévision, par la mode... La mode "ce système original de régulation et de pression sociales dont les changements présentent un caractère d'urgence qui s'accompagne d'un devoir d'adoption et d'assimilation et s'impose plus ou moins obligatoirement à un milieu social déterminé, tel est le despotisme de la mode si fréquemment dénoncé à travers les siècles"(Gilles Lipovestsky). Ainsi nous sommes conditionnés depuis des siècles et nous "lisons" l'autre à travers des normes dictées par certains...
Coluche disait "Dieu a dit : il y aura des hommes grands, il y aura des hommes petits, il y aura des hommes beaux et il y aura des hommes moches, il y aura des hommes noirs et il y aura des hommes blancs... Et tous seront égaux... mais ça sera pas facile tous les jours... Et il a ajouté : il y en aura même qui seront noirs, petits et moches et pour eux ce sera très dur !"
"Chercher la beauté réelle ou la réelle laideur est une vaine enquête, comme de prétendre reconnaître ce qui est réellement doux ou ce qui est réellement amer.(...). une cause évidente de ce que beaucoup ne parviennent pas à ressentir le véritable sentiment de la beauté est le manque de délicatesse d'imagination qui est requise pour prendre conscience de ces émotions fines. A cette délicatesse, tous prétendent : chacun en parle et réduirait volontiers toute espèce de goût ou de sentiment à sa propre norme" (David Hume).
Alors voila, je ne sais pas s'il est plus facile d'être beau ou moche mais je sais en tant que professionnelle de l'image combien la tyrannie du beau est dommageable, combien le regard jugeant de ceux qui se pensent beaux détruit, combien le regard d'une mère peut-être destructeur, combien les moqueries des collègues de travail peuvent être blessantes, combien une phrase assassine lancée "comme ça" peut tuer, combien un non regard plonge dans l'oubli et la tristesse.... Alors mon travail consiste "juste" à restaurer cette image, à rassurer, à redonner à chacune sa propre beauté et à faire en sorte qu'elle en est la pleine jouissance.
Le beauté n'est pas une qualité inhérente aux choses elle-mêmes, elle existe seulement dans l'esprit qui la contemple, et dans le regard que l'on se porte. C'est en maîtrisant SA beauté, en ayant la certitude de son potentiel, de ses capacités à séduire, à exister que l'on devient beau et que l'on dérange, parce qu'inatteignable, puisque l'on n'a plus rien à prouver... si ce n'est à soi même.
Virginie Gautier
HISTOIRE
D'ETIQUETTE : BIO ? - décembre 2007
Au cours d’un dîner à la
maison j’entends soudain : « Ouais
mais c’est normal, Virginie c’est une BIO ! » Le mot était lâché.
Pour moi c’était un GROS mot. Un tout nouveau mot. C’était la première
fois que
l’on me traitait de BIO… Je terminais la soirée perplexe et me plongeait
le lendemain
dans les dédales du net pour trouver quelque chose qui me définirait
comme
étant une BIO… Mais c’était vraiment un très GROS mot. Les définitions
étaient
imprécises (pour moi) et en tout cas me renvoyait à une image que je ne
connaissais pas. Une représentation pour les autres que je ne maîtrisais
pas
puisque il était normal, donc que cela coulait de source, que je sois ce
que je
suis soit : une BIO !
Je me retrouvais donc avec une étiquette… et les étiquettes ont un gros
défaut,
elles ont tendance à simplifier la réalité ou une évidence en la
caricaturant
et du coup induisent les autres en erreur. Je me demandais si cette
étiquette était valorisante, intéressante ou si elle représentait un
handicap
pour moi et/ou les autres ! En tout cas je rentrais visiblement dans une
case.
Ces réflexions m’ont amené à re-traduire ma propre idée de l’image à
chercher
des définitions de ce qu’était notre image de soi, notre identité,
comment nous
pouvions avoir envie de vivre tout cela sans pour autant, justement être
soi
même réduit à une définition, rangé dans une catégorie qui du coup ne
nous
définirait pas comme des êtres biologiques (donc humains et semblables)
mais
des êtres « sectorisés » avec tout le danger que représente une
classification !
Alors j'ai cherché ailleurs et tenté de trouver des définitions logiques
à ma
"Bionatitude" et mon métier de Conseilère en Image ! Juste pour
voir... Et j'ai trouvé ceci :
Je suis BIOlogique puisque je maîtrise des procédés qui mis ensemble visent à organiser un fonctionnement, voir à révéler une identité.
Je suis capable de créer un BIOclimat puisqu’il s’agit de réunir des conditions particulières dans un lieu donné, ayant une influence sur les êtres présents et parfois sur leur santé…
J’utilise la BIOénergétique qui sont des pratiques visant à restaurer l’équilibre par le flux d’énergie. Et la BIOtypologie qui consiste à présenter une classification des êtres humains en types physiques .
Enfin je suis une BIOgénie… mais cela se passe de commentaire et je terminerai en disant que, presque comme l’ex BIO de Danone, ce qui se voit à l’extérieur est purement un travail réalisé par chacun et chacune sur son intérieur.
Virginie GautierSENIOR LADIES - 18 septembre 2007
la cinquième saison (un fim réalisé par Marie-Halopeau) sur France 5
Macha Meryl, fil rouge parle d'être femme, toujours femme. Les mots ne sont que des mots. Rien de plus. La vie est faite de richesses qu'une période de la vie nous permettrait de goûter avec plus de force, plus de plaisir. Elles rient ces femmes et jouent du temps avec tant d'aisance... qu'elles sont belles !
L'âge n'est rien que ce que l'on en fait alors moi qui me sent tellement plus forte à 51ans qu'à 40 je me dit patience... plus que 9 ans pour atteindre ce moment où, comme dit l'une d'elle, on vit mieux puisqu'on n'a plus rien à prouver !
Un grand merci à Marie Halopeau pour son regard sur une étape de la vie des femmes et puis la voix d'un homme, complice et tendre que l'on supporte et que l'on accepte de faire pénétrer dans cet instantané intimiste et féminin. Chaleureux et tendre est le timbre d'André Dussolier.
Virginie Gautier
LETTRE A ANGE - 22 mars 2006
Il me restait en mémoire une émission de télévision. J’avais
une quinzaine d’années… La caméra suivait Ange dans sa
« métamorphose », allant jusqu’au bout de son désir, jusqu’au bout
d’elle-même, pour, enfin, être telle qu’elle se savait. Toujours. Femme.
Des années qui suivirent j’ai fait, non sans chaos, ma vie, bataillant
pour mes enfants, pour moi, pour vivre tout simplement. Ce temps passé très
souvent consacré à rencontrer les autres, à tenter de les aider, à les
accompagner, m’a amenée un jour, au tournant de ma vie, à repenser à Ange.
Et puis Toulouse, ma nouvelle ville, ma nouvelle vie, second souffle, seconde
vie, autre vie. Depuis Ange il y a Internet, les questions que l’on se pose,
celles auxquelles on trouve des réponses, et les interrogations en attente.
J’ai visité bien des sites, certains m’ont intéressée, j’en ai trouvé de
sublimes quand d’autres choquaient ma perception de la féminité… Et puis l’ABC,
par hasard. Mes échanges avec Dominique. Son étonnement de me voir intéressée
par « votre monde »… Mon étonnement parce que je croyais que nous
vivions tous et toutes dans le même monde… et parce que moi ce sont les
rencontres avec les autres qui m’enrichissent… Alors !
Alors j’ai rencontré Camille, Caroline, Sophie, Michèle, Sabine, Patricia,
Aubeline, Andrée, Débborah, Anne, Laure et les autres. Un Week-end au Salagou,
mené tambour battant sur notre image, celle que nous voulons donner, comment
être femme, qu’est-ce qu’une femme… Temps si court pour donner tant
d’information… Rencontres pleines de tendresse, regards avides de savoir, mots
échangés, rires partagés. Et des cadeaux qui passent. Un accueil chaleureux.
Nicole. Une cuisine délicieuse, un décor de rêve, la nature est belle sous le
soleil de l’hiver.
De ce week-end j’ai reçu des témoignages et je n’imaginais pas quelle avait été
la portée de mon intervention. Naïve j’étais juste là avec mes connaissances,
mes compétences, ma soif de rencontre sans finalement réaliser que je répondais
à tant d’attentes et que ma soif rencontrait celles des autres.
En échange j’ai reçu une confiance sans limite… et puis au cours des semaines
des demandes de certaines pour continuer le chemin commencé… et puis aussi des amitiés
qui se tissent. Amitiés toutes féminines naissant tout naturellement, le
professionnalisme laissant place à d’autres mots, d’autres confidences. Un
plaisir partagé à être simplement ensemble, à se promener ensemble, à dîner
ensemble.
Comment ne pas avoir envie de revivre un week-end comme celui-ci ? Comment
ne pas avoir envie de revoir celles qui m’ont fait confiance pour leur confier
d’autres secrets. Ici je veux remercier chacune. Ici je pense à Ange.
